Entre deux mondes

Situons-nous à la frontière entre ces deux mondes, comme le cœur est à mi-chemin du sexe et de la tête.
Voyons concrètement comment vivre l'instant présent, sans être inconséquent, sans être dans le mensonge.

De quoi s'agit-il ?

Concentrez-vous sur le temps.
Ouvrez vos yeux et vos oreilles, caressez cet objet près de vous... Que constatez-vous ?
Seul le présent est.
Le passé existe dans notre monde, dans notre perception.
De même le futur existera.
Sur ce plan, ne pas en tenir compte serait inconséquent.

Quand le passé s'invite dans le présent

Le passé s'invite d'une manière très précise, réelle (dans mon monde réel est ce qui est vrai, réalité est ce qui est de mon interprétation).
Ce que l'on pourrait appeler notre corps émotionnel, notre Moi Profond, est dans un état présent, résultat des émotions passées. Et cette empreinte émotionnelle colore, modifie notre présent : les questions que l'on se pose, notre perception du futur...

D'où l'importance de "traiter" ce passé, plus précisément son empreinte.
Pardon.

Le secret : discernement et confiance

Prenons un exemple concret : j'ai envoyé un préavis au propriétaire de la maison, je dois donc la quitter d'ici deux mois. Je contacte alors des personnes qui louent leur maison ou appartement. Or, une grande majorité souhaite un locataire immédiatement. Je ne souhaite pas payer deux loyers pendant deux mois. Que faire ? Cette histoire doit-elle accaparer mon esprit constamment ? Et si, tout simplement, rechercher une nouvelle maison était une action à remettre dans le futur, pas une action du présent ? Dans le présent, une décision est à prendre : planifier une recherche dans un mois.
Cela suppose discernement et confiance.

J'ai remarqué qu'il y a confusion entre

  • d'un part des questions bien réelles qu'il serait inconséquent d'ignorer
  • gestion de ces questions à contre-temps.

Autrement dit, ce n'est pas parce qu'une question occupe mon esprit que je m'en occupe correctement. Ou encore : gérer correctement une question ne consiste pas à la laisser envahir votre conscience.

Confiance

Il s'agit d'être confiant pour ne pas se laisser envahir par le passé ou le futur :

  • Confiance en soi
  • confiance en la vie

Soyez attentif : quand une question revient de façon lancinante, n'est-ce pas tout simplement une peur qui en est la cause ?
Être confiant dans notre capacité à prendre une décision, dans le futur, voila un beau cadeau à se faire.
Notez aussi que l'immense majorité des décisions peuvent être prises très rapidement, sans avoir à y réfléchir des heures.
En temps utile.
Ce qui prend des heures, des jours, c'est cette invasion vaine, inutile, de la question dans la conscience, bien trop tôt ou du moins à contre-temps.

Imaginez que vous êtes parfaitement confiant en l'avenir, en vous, en votre capacité à prendre une décision, à agir, en temps utile. En quoi cela change-t-il votre état présent ?
Notez aussi que cette confiance suppose parfois des actions présentes : par exemple je suis confiant en ma capacité à pratiquer tel sport si, dès maintenant, je prends rendez-vous chez le médecin pour obtenir un certificat médical.

Discernement

Un point important est d'être capable de discerner la contrepartie présente du futur, un peu comme la décision de report que j'évoquais plus haut : il était important, dans le présent, de traiter cette question et de décider de ce report, pour ne pas laisser cette question envahir la conscience.

Prise de décision

Quelle décision ?

Distinguons une décision

  • facilement réversible (ou sans grande conséquence) : prenons cette décision rapidement
  • irréversible : ayons le courage de reporter cette décision : plus tard, nous serons mieux armés pour décider. Décidons lorsque cela s'avère nécessaire, inévitable.

(Pour information, cette stratégie de prise de décision se retrouve dans le Lean manufacturing).

Attention : la vie

Que l'on prenne ou non une décision, la vie avance, le temps passe. D'une certaine manière, ne pas prendre une décision... Est une décision qui aura ses conséquences.

La plupart du temps : le silence

Pour terminer, je voudrais évoquer le silence. Évoquer le silence par des paroles, voila qui peut être paradoxal.
Le silence n'est pas le vide.
Le silence est simplement l'absence de mots, pas l'absence de sons.
Regarder en silence un arbre, c'est être conscient de sa beauté, de sa force, de sa vie, sans faire appel au mot "arbre".
Le silence est la présence des émotions, orientées par notre Intention.

Le présent est un immense silence, ponctué parfois par des mots nécessaires à la communication ou l'induction.

En tant qu'Artiste de la Vie, du Rêve, quel présent dessinez-vous ?